Le Ton, terrain de Chasse aux OFNI’s

Extrait de l’Avenir du Luxembourg du vendredi 11 septembre 2015

Les bouteilles au premier plan du tableau de chasse

TABLEAU DE CHASSE Incontestablement, les bouteilles figurent au premier plan du tableau de chasse. Des bouteilles en plastique ayant pour la plupart contenu du soda. Elles sont talonnées par des bouteilles en verre dont les utilisateurs ont minutieusement revissé le bouchon pour qu’elles flottent. « Ils semblent bien que les pollueurs amoureux de la dive bouteille espèrent ainsi cacher l’endroit où elles ont été jetées. » Quasiment 100% des bouteilles en verre ont contenu de l’alcool, le pastis venant en tête devant vermouth, whisky et gin. Il n’en est pas de même des bouteilles de bière en verre qui une fois décapsulées coulent à pic.

Prenant la rivière Ton pour exemple, les coordinateurs du contrat de rivière Demois-Chiers ont analysé le résultat de la pose de barrages OFNI’s.

Lundi dernier sur les rives du Ton, Yanick Collignon et Céline Zintz respectivement coordinateur principal et coordinatrice du Contrat Rivière Semois-Chiers ont revêtu leurs cuissardes de pêche. De la même manière qu’un médecin analyse le sang récolté dans une éprouvette, c’est à l’aide d’une épuisette qu’ils s’apprêtent à analyser le résultat d’une chasse aux OFNI’S (Objets flottants non identifiés) sur deux endroits précis de cette rivière distants d’une bonne dizaine de kilomètres où des barrages flottants avaient été installés du pont de Conchibois à Saint-Léger au pont du Square des Canadiens de Saint-Mard, distant d’une bonne dizaine de kilomètres. Yannick et Céline expliquent. «On repêche en général des canettes, bouteilles, sacs plastiques, emballages, déchets verts et même encombrants…»

Ils précisent également qu’au-delà des déchets jets directement dans les cours d’eaux «récoltent» les déchets abandonnés dans les avaloirs voire au bord des routes. «Et parce que la plupart de ces déchets sont mouvants, ils ne sont pas souvent remarqués».

Derrière les "récoltes" dans le Ton, les échevins Etienne Chalon et Monique Jacob encadrent Yanick Collignon et Céline Zintz

Derrière les « récoltes » dans le Ton, les échevins Etienne Chalon et Monique Jacob encadrent Yanick Collignon et Céline Zintz

Huit fois plus d’OFNI’S à Saint-Mard

Concrètement, ces barrages ont été installés à Saint-Léger et Saint-Mard durant trois bons mois entre début juin et début septembre.

Des barrages accompagnés de panneaux et autres bâches pour informer la population.

Ce lundi 7 septembre, le verdict a été formel. Alors qu’un sac-poubelle et des débris d’une échelle en bois étaient récoltés à Saint-Léger, pas moins de huit sacs-poubelles saint-mardois ont rempli une bonne partie de la camionnette de ramassage. Si cette récolte est loin d’atteindre la soixantaine de sacs-poubelles récoltés à Athus (lire ci-contre), ils n’ont pas manqué d’interpeller Étienne Chalon, l’échevin virtonnais de l’Environnement présent sur les lieux. Tout comme Monique Jacob, sa collègue de St-Léger également vice-présidente le l’ASBL Contrat Rivières Semois-Chiers.

La partie visible de «l’Iceberg OVNI’S»

Pour les coordinateurs du Contrat-Rivière, cette récolte n’a rien d’anecdotique: «Cette collecte d’un nouveau genre nous permet de nous rendre compte de la quantité de déchets flottants qui ne forment que l’aspect visible de ‘‘l’Iceberg de déchets’’ que drainent nos cours d’eau. Et donc du travail encore important à réaliser dans la gestion plus globale des déchets et de l’éducation environnementale. Ces déchets en grande majorité invisibles vont finalement se jeter dans l’océan où le septième continent deviendra encore plus grand».

Le septième continent n’est autre qu’un énorme amas de plastiques et de déchets situés dans le Nord-Est de l’océan Pacifique et dont la superficie est de six fois celle de la France.

Il faut faire barrage

En fin de courses, les déchets finissent par rejoindre l’océan et ne font qu’augmenter cet amas de plastiques et d’autres déchets d’un septième continent flottant au Nord-Est de l’océan Pacifique.

Dans un environnement qui nous est plus proche, ils présentent déjà des nuisances non négligeables. Nuisances esthétiques d’abord à travers d’un tableau pas fort beau flottant sur l’eau. Nuisances olfactives des odeurs et puanteurs. Nuisances directes sur l’environnement, les amas de déchets allant jusqu’à faire déborder les cours d’eau. Surtout lorsqu’ils sont bloqués par des branches et troncs d’arbres qui ont créé un barrage sur le cours d’eau. Et que dire de l’effet pernicieux voire mortel de produits toxiques se déversant de bidons et flacons. Tout cela a bien sûr des impacts sur la faune et la flore, allant jusqu’à créer d’importants coûts pour en venir à bout… Bref, le meilleur déchet est celui qui n’existe pas.

Record de déchets dans la Messancy

Athus- Record de déchets dans la Messancy

L’action «OFNI’S» n’a pas été seulement menée sur le Ton. Elle a débuté le 2 avril et le 4 mai, par une récolte à Gribomont sur la Vierre et une autre assez importante à Baranzy sur la Batte.

Cette dernière étant suivie d’une plus légère les 4 mai et 8 juin, à Saint-Remy sur la Batte devenue Vire. Les 12 et 30 juin, dix sacs-poubelles étaient encore récoltés sur la Vierre à Suxy. Ci-joint, vous avez découvert les récoltes sur le Ton à Saint-Léger et Saint-Mard.

À Athus, les récoltes du 31 juillet et du 3 septembre ont battu tous les records de ramassage de déchets dans le lit de la rivière Messancy, sur les 1 400 m qui séparent les rues Arend et Cockerill. Assistés par deux ouvriers communaux, deux coordinateurs du contrat rivière ont récolté 60 sacs-poubelles de déchets en tous genres. Principalement des canettes de bières, mais aussi une batterie de voiture, des ferrailles, une lunette de WC, un vélo… De quoi remplir le conteneur pris en charge par la Commune.

 

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